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Ils, elles font les Chaprais : galerie de portraits

M. Ponçot, M. Compagne, Pierre et Colette Zellvègre, Valérie Hincelin, le directeur du Supermarché Casino, Daniel Perrot, M. Bernard Deray, Christine Relange, Jean François Moine, Claude Guinchard, famille Guglielmetti, Gérard Thibord, François Lacaille, Annaïck Le Scouezec, Chantal et René Chevillard, Boulanger d'Au pain d'antan , Maryse Rémond, Colette Masson, Guy Pothier, Françoise Jeannier, Yann Parriaux, Florence Imbach, André Bonvalot, les David, Jérôme et Lydie de la Royale, Michel Vieillard, Dominique Aliotti, Dominique Calame, Denis Arbey, Elisabeth Gerl, Martine et Franck de la Poissonnerie Nouvelle Vague à suivre

Guy Pothier, chanteur interprète, compositeur

et son éléphant

interview réalisée le 2 avril 2009

sera en concert le 2 mars 2010 au Cylindre

Depuis quand et pourquoi êtes vous venu aux Chaprais ?

 Originaire de Dijon, en 1990, je suis venu rejoindre ma compagne qui travaillait à Radio France Besançon et habitait rue Fontaine Argent. Depuis, nous habitons rue Suard, une maison avec un jardin qui appartenait autrefois à un M. Chamson, un lieu prédestiné pour un chanteur !
Quelle est votre activité professionnelle ? Je suis régisseur son, intermittent du spectacle. Je travaille notamment pour le « Théâtre de l’Espace » à Planoise, et pour différents événements musicaux (Festival Jazz et Musique Improvisée) et culturels comme les Petites fugues, et aussi pour le Théâtre Alcyon .
Comment êtes vous devenu auteur-compositeur interprète ?

Depuis tout petit, j’avais envie de chanter. J’ai pris une guitare à 15 ans et j’ai continué.

Maintenant beaucoup de jeunes veulent devenir chanteur ou chanteuse, est-ce possible sans passer par la Star Ac ou la Nouvelle Star ? En fait, beaucoup de jeunes veulent devenir star dans le show business. Personnellement, ce n’est pas ce que j’ai voulu, je suis resté dans la marge, c’est plus difficile, mais c’est possible. J’ai trouvé un boulot plus dans l’ombre : régisseur. J’ai monté un studio d’enregistrement d’abord à Dijon, puis à Besançon. C’est un outil, un home-studio, destiné à « la famille », au groupe hip-hop « La cédille » entre autres, qui fait des tournées en Angleterre. On peut donc devenir artisan chanteur. Et d’ailleurs, beaucoup de gens peuvent écrire des chansons, même des enfants de CE1 (de l’école Bourgogne) qui m’ont impressionné.
Fin mars, vous avez participé aux Brassensiades à Pirey, pourquoi cet engouement pour Brassens ? C’est vrai que lorsque j’étais jeune, Brassens était un modèle. C’est un peu grâce à lui que j’ai osé me lancer dans la chanson. Mais quand je l’interprète, ce n’est pas pour le copier, c’est pour jouer ses chansons à ma façon, dans un style plus bossa voire funky, même si cela dérange un peu certains puristes. Ainsi « J’ai rendez-vous avec vous », on le joue de façon dansante comme une béguine. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à faire cela : écoutez "le pont des Arts" interprétée par Catherine Ringer. Brassens intéresse encore beaucoup de monde : 3 à 400 personnes à Pirey.
Avez-vous d’autres références pour vos compositions ?

Oui, bien sûr, je fais des chansons qui veulent dire quelque chose. Je parle aussi bien du racisme, des femmes que de nostalgie, par exemple du temps de «L’aronde Elysée 55». Ce n’est pas de la simple variété. J’apprécie Jonasz et Nougaro, mes fréquentations de jazzmen m’ont entraîné vers un style plutôt jazzy. C’est difficile de parler de ses compositions. Le mieux, c’est d‘écouter mon disque «Rainy Day » et par exemple la chanson « Tous des étrangers »

Comment peut-on se produire si l'on ne rentre pas dans le circuit du showbiz ? Il y a des réseaux. A Besançon, avec Maurice Boguet et Pascal Matthieu (un poète qui habite aussi le quartier), et avec Berlane nous avions créé une association « Les Du Coin » Et la chanteuse Claire est une amie depuis une trentaine d’années. Au début, je faisais partie de la mouvance des «chanteurs de grève », mais comme disait Bashung « vos luttes partent en fumée ». C’est vrai qu’il y a de moins en moins de structures ouvertes aux chanteurs comme l’étaient les MJC et les maisons de quartiers. Et quand il y a des salles, elles sont souvent mal conçues par exemple avec du carrelage au sol et des vitres qui donnent un son épouvantable. Il ne nous reste plus que les bars comme le Carpe Diem ou l’ex Crémerie rue Claude Pouillet devenue Le maquis : je dois d’ailleurs y chanter le 24 avril. Des festivals pour la chanson, cela devient rare : il y a le festival Jacques Brel à Vesoul où j’ai été programmé deux fois.
Que pensez-vous du quartier des Chaprais ?

Je m’y sens bien, les voisins sont agréables, ce n’est pas un ghetto ni trop «bourge » ni trop « popu » et d’ailleurs Besançon en général, c’est moins bourge que Dijon. Aux Chaprais, on a tout sur place, pas la peine d’aller dans les zones pour ses achats, des médecins sympas comme Didier Debut, des animations comme le Troc des Chaprais que je ne voudrais pas manquer… Pourtant, il manque une salle, un lieu de rencontre comme aux Cras le FJT des Oiseaux où je chanterai le 4 juin. Il faudrait aussi arrêter de construire n’importe comment sur la moindre parcelle. Depuis mon jardin, qui était calme avant les travaux, je suis encerclé par des immeubles, et ils voudraient en ajouter un autre ! Comment peut-on vivre paisiblement avec une telle promiscuité ?

 

Si vous voulez proposer

d'autres portraits Dominique Bonnet en parle dans son blog
besanconinfo.blogspirit.com du 21.12.07

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