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Dominique Calame, sculpteur


interview réalisée le 8 mars 2010

Depuis quand habitez-vous le quartier ?

Une vingtaine d’années dont 10 ans rue des Cras.
Etes-vous originaire de Besançon ? Oui, j’ai habité cité de la Viotte puis je suis parti quelque temps à la campagne à Charnay près de Quingey avant de revenir en ville dans le quartier.
Vous êtes sculpteur, depuis quand et pourquoi ? Depuis tout gamin. C’est venu petit à petit. J’ai commencé au couteau à éplucher des bouts de bois. Alors que d’autres ont arrêté, moi, j’ai continué. Dans ma famille, à part mes grands parents que je n’ai pas connu et qui taillaient le diamant ou la pipe à Saint Claude, il n’y a pas d’artistes. Mais le nom de Calame évoque un roseau avec lequel on écrivait.
Quelle a été votre formation professionnelle ? Non, je n’ai pas fait les Beaux Arts, je suis complètement autodidacte. Il faut dire que dans ma famille, comme dans beaucoup de familles, on s’inquiète quand un jeune veut devenir artiste. « C’est pas un métier sérieux ! » Il fallait déjà assurer les revenus. J’ai donc fait différents métiers. J’ai travaillé dans la plomberie. J’ai mené deux métiers de front. J’ai travaillé vingt ans chez FCI dans la maintenance. J’ai fait partie des travailleurs licenciés récemment. Maintenant, je suis obligé de changer de voie. Je veux me consacrer davantage à un travail artistique de sculpteur et donner des cours de modelage.
Est-ce difficile de percer dans le milieu artistique et particulièrement dans la sculpture ? Oui, quand on n’est pas issu des Beaux Arts et qu’on n’a pas spécialement de relations. Pendant très longtemps j’ai du me refréner, étouffer ma créativité. Maintenant, je commence à me faire connaître. Les opinions changent, cela me donne plus d’assurance et de légitimité. Depuis 1999, j’ai fait des expositions dans la région et ailleurs. Des gens m’apprécient. J’avais déjà exposé notamment au Conseil Régional, aux Salines d’Arc et Senans et dans des lycées.
Quel est l’importance de cette exposition au FJT ? Je suis très content d’exposer ici au foyer des jeunes travailleurs des Oiseaux. Je peux exposer en même temps beaucoup de mes œuvres à l’intérieur et à l’extérieur. C’est un lieu important qui présente beaucoup d’œuvres dans différents domaines que ce soit la musique, le théâtre, le cinéma ou les expositions. J’habite à deux pas d’ici et je me disais toujours, : il faut y aller, je vais me bouger, mais quand je partais matin et soir à l’usine, je n’avais guère le temps d’en profiter. C’est en voyant en décembre l’exposition de Jean Michel Oudot qui se définit comme un « piscisculpeur » que j’ai eu envie d’exposer à mon tour.
Quelle est la particularité de votre sculpture ? Je n'aime pas trop parler de ma sculpture. Je travaille tous les matériaux et j'essaie de leur donner une vie.
J’utilise beaucoup le bois qui est naturel et assez accessible. Je vais me promener à la campagne, regarder particulièrement dans les vergers pour repérer des arbres fruitiers. Je contacte le propriétaire. S’il accepte, je tronçonne l’arbre qui a déjà une forme intéressante spiralée par exemple. Les couleurs du bois changent selon qu’il s’agit d’un poirier ou d’un cerisier par exemple.
J’utilise aussi la pierre, la terre et le métal par exemple pour faire des mobiles. Il m’arrive de mélanger plusieurs matériaux par exemple pour représenter une « Vouivre capturée ».
Avez-vous des influences particulières ? Non, je n’ai ni modèle ni référence. Je vais voir des expositions comme la Biennale à Besançon. J’ai visité et beaucoup aimé le Musée du quai Branly à Paris
Quels sont vos projets ? Je vends mes sculptures à des particuliers et des entreprises. Par exemple, le transporteur de fonds Valtis m’a acheté des sculptures. J’aimerais aussi placer mes œuvres dans des lieux publics. J’ai déjà présenté un projet d’implantation d’une sculpture dans le quartier au square Salomon qui est très bien, mais on a l'impression qu'il manque quelque chose. Et pourquoi pas ailleurs, comme place de la Liberté ?
Je propose mes services pour des cours de modelage. Pourquoi pas dans le cadre d’une association du quartier ?
Que pensez-vous du quartier ? Je me sens surtout habitant des Cras. La rue des Cras a bien changé. Quand je suis arrivé, elle était plutôt sombre. Des maisons ont été rénovées. C’est aussi plus vivant avec la pizzeria et la mutualité. Je remercie les commerçants qui m’ont bien accueilli et accepté de mettre des affiches dans leurs vitrines.
Que pourrait-on améliorer dans le quartier ? Développer l’art et la verdure.  
  Voir le site de Dominique Calame et un diaporama pour voir d'autres réalisations Pour le contacter
 

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d'autres portraits Dominique Bonnet en parle dans son blog
besanconinfo.blogspirit.com du 21.12.07

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